Fabrique ton histoire

Une théière perdue

7 juin 2011 par diomedea

Par la fenêtre ouverte d’une cuisine, on pouvait entendre :
– T’es où ? Mais qu’est-ce que tu fous ? Ça fait une heure qu’on t’attend ! Tu aurais pu prévenir au moins ! Je te préviens, si tu n’es pas là dans cinq minutes, on part sans toi !

La vieille dame qui passait par là au moment où ces paroles étaient prononcées, souriait. On devinait qu’elle avait dû, elle aussi, un jour dire ça à quelqu’un. La vieille dame continuait son chemin quand, tout à coup, elle faillit trébucher sur une théière pressée et visiblement perdue.

– Mais que t’arrive-t-il petite théière ? Tu es toutes essoufflée. Tu cherches ton chemin ? lui demande gentiment la vieille dame.
– Oui, oui, madame. Si vous saviez ce qui m’est arrivé ! J’étais occupée à faire le service chez ma grande tante qui habite de l’autre côté du village quand un oiseau fou a traversé la fenêtre et m’a bousculée. Le choc a été si violent que j’en suis tombée de la table. Heureusement que Razemoquette, le petit chien de ma grande tante était là, il a amorti ma chute, mais j’en ai encore le couvercle tout retourné.

Une fois que ma grande tante a libéré l’oiseau maladroit, il a fallu refaire le service. L’oiseau, lui, ne semblait pas blesser, pensez-vous, une corneille, c’est costaud, mais moi j’en avais encore mes jambes toutes flageolantes. Et quand on m’a mis l’eau dans mon ventre, je tremblais encore tellement que j’ai été incapable de garder le contenu sans en renverser la moitié. Alors, on m’a mise de côté, on m’a donné une plante calmante qui m’a complètement assommée. Je me suis réveillée en sursaut quand j’ai entendu le coucou de l’horloge chanter trois fois ! Vous vous rendez copte ? J’ai dormi trop longtemps !

À la maison, on m’attend pour le goûter. Je devais partir au plus vite. Hélas, comme c’était la première fois que l’on me donnait cette plante, on ne savait pas ce que cela allait me provoquer. À l’intérieure de moi, j’étais toute engourdie. À tel point que je n’ai même pas senti que l’on me versait de l’eau bouillante. Ma grande tante est très gentille. Elle m’avait préparée et remplie pour que je sois prête dès que j’arriverais à la maison. Mais voyez-vous, avec cette fumée qui sort de mon nez, eh bien ! Je n’y vois plus goutte. C’est comme si j’avançais dans une purée de pois. Y a de ces brouillards ! Je vous dis que ça.

Et là, maman m’a téléphoné en me sermonnant. Je dois être là dans cinq minutes sinon ils goûtent pas et ils partiront sans moi à la grande réception que mon arrière arrière arrière grand père donne à l’occasion de la sortie d’un tout nouveau et délicieux thé, aromatisé au Temps Arrêté et avec la saveur sucrée du Soleil Printanier. C’est un véritable nouveauté ! Et je…
– STOP, lui coupa gentiment la vieille dame. Tu parles tellement que cela fait bien quatre minutes que tu es occupée à me parler. Je sais où est ta maman. Me permets-tu de te porter pour te conduire jusque-là le plus rapidement possible ?

La théière ne savait que répondre. La vieille dame semblait vraiment âgée et elle ne s’imaginait pas arriver plus vite en étant dans ses mains. Et puis, elle risquait de se brûler les doigts avec cette théière bouillante.

Étrangement, la vieille dame n’attendit pas la réponse de la petite théière et la prit à pleine main sans ressentir la moindre douleur. Aussitôt, les petits talons plats de ses chaussures se retournèrent pour laisser place à quelque chose qui ressemblait fort à des fusées ! Aucun doute, cette mamy devait être une super mamy comme il y en avait tant autrefois… mais ça, c’est une autre histoire.

5 commentaires

Arthur - le 19/12/12 à 15h19

Je vois que tu a beaucoup d'imagination

LOONA - le 16/06/11 à 19h30

cool est assez longue histoire bon choix de titre

baptiste - le 16/06/11 à 11h24

j'ai bien aimer cette histoire

fauve - le 14/06/11 à 19h24

je veut tout de suite une tasse de tee

Lucas - le 07/06/11 à 17h37

j'adore cette histoire .