Fabrique ton histoire

Le Roi de la forêt

15 novembre 2011 par diomedea

Dans une forêt proche de ma maison, j’entendis un jour des hommes hurler de joie. Ils revenaient de la chasse, triomphants, avec trois renards argentés qu’ils tenaient sans aucune délicatesse par le bout de leur queue. Les mammifères, morts, pendaient nonchalamment, leur tête allant de gauche à droite, au gré des pas des chasseurs.

Moi, je vous dis : je hais les chasseurs ! J’aime trop les animaux pour imaginer leur courir après, les chasser, les tuer et puis je ne sais pas quoi encore. C’est cruel, barbare.

Alors, ce jour-là, parmi la joie non dissimulée des chasseurs, je criai « vengeance ». Je n’étais pas certaine d’avoir l’âge requis pour pouvoir me venger, mais ce n’était pas cela qui allait briser mon élan.

Un an passa sans que je ne puisse rien faire. Maman me surveillait tout le temps.

Soudain, du jour au lendemain, maman ne me surveillait plus. Elle avait trouvé un travail et était très heureuse de partir toute une journée en dehors de la maison. Depuis, je suis souvent seule, mon père et ma mère étant des bourreaux du travail, je ne les vois que très peu de temps le matin et pour ainsi dire pas du tout, le soir.
Maman, pour s’excuser de ne pas être souvent là, a engagé une nounou pour s’occuper de moi. Elle me donne le bain, elle me prépare à manger et elle me borde le soir dans mon lit. Cette nounou, je vous le dis, elle est super ! Papa et maman ignorent totalement qu’ils ont choisi une véritable magicienne (une vrai de vrai). Chaque fois que j’ai fini mes devoirs, Pauline ma nounou, c’est comme ça qu’elle s’appelle, m’apprends un ou deux tours, selon l’heure qu’il est. Et pas plus tard qu’hier, j’ai appris le langage des animaux ! Grâce à des bruits de langues, à des intonations de voix ou à des onomatopées, je peux discuter avec tous les animaux de la forêt. Alors, vous pensez bien que j’ai tout de suite eu l’idée de leur parler de ma vengeance sur les chasseurs. J’ai eu tout le temps pour mettre sur pieds un plan diabolique. Vous le devinez bien sûr, tous les animaux m’ont tout de suite comprise et pas un n’a refusé de m’aider dans cette guerre sans merci.

Demain, les chasseurs seront à nouveau de sortie. J’ai encore cette image de renards morts qui balancent par leur queue ! Quelle horreur ! Il faut en finir une bonne fois pour toutes.
Alors, ce soir, après le bain et la lecture de l’histoire, quand Pauline était au téléphone et qu’elle croyait que je dormais, j’ai filé en douce dans la cour et j’ai donné les clefs de la voiture de course de mon papounet au roi de la forêt.
Grâce à ma nounou, je sais comment on conduit cet engin. Ce n’est pas très difficile, il suffit que je prononce la formule magique « en route ma copine » pour qu’elle démarre aussitôt. Puis, je dois pianoter sur l’écran et choisir la destination pour qu’elle roule presque toute seule. Oh ! bien sûr, la voiture dit quand on doit tourner, ça elle ne sait pas encore faire toute seule.
J’expliquai tout ça au roi et il s’en alla aussi vite qu’une voiture de course pouvait le permettre.

Au bout de dix minutes, le roi était arrivé à l’armurerie principale du village. En face du commerce, dans une maison de maître, il pouvait entendre les rires de ces vilains chasseurs qui se préparaient à fêter l’ouverture de la chasse !
Comme je ne voulais pas risquer de me faire prendre, je suis retournée dans ma chambre et je donnais les instructions au roi grâce à notre talkiewalkie. Le roi a ouvert la porte aux animaux qui l’attendait. Ils s’étaient donné rendez-vous. Ils sont rapides hein les animaux sauvages ? Les renards et les oiseaux n’ont même pas eu besoin de voiture de course pour être là pile à l’heure.

Au départ, j’avais imaginé ce plan :
Les renards, très discrets, sur la pointe de leurs pattes de velours, devaient ouvrir la première armoire pour remplacer rapidement les balles des fusils par des bonbons ronds, gris et goût souris. Un peu plus loin, les lapins devaient se charger de chiper les sifflets pendant que les cerfs, eux, devaient veiller à l’entrée de la pièce. Les oiseaux, chouettes et hiboux avaient comme mission de recracher des pelotes de réjection dans les canons des fusils qui restaient, et enfin les écureuils devaient échanger toutes les munitions dans les boîtes par autant de noisettes, sans oublier de coller un morceau de chewing-gum à la base de chacune d’elles pour ralentir leur course, sans toutefois altérer la qualité de la nourriture.

Mais, finalement, le roi trouva plus simple et plus rapide de tout dévaliser.

C’était une solution comme une autre. On s’était donc entendu sur ce point. Et c’est ce qu’ils ont fait. Tous les fusils, toutes les munitions et autres armes ont été rangées dans le coffre de la voiture de course et quand celle-ci est arrivée à destination chez moi, je n’ai plus eu qu’à prononcer une autre formule magique pour tout faire disparaître.

Cela fait, les animaux s’en retournèrent dans la forêt, sereins et tranquilles.
Plus tard, ils envoyèrent un message aux autres animaux de tout l’univers, et tous exécutèrent ce plan. Heureusement, que Pauline, ma nounou, elle garde des enfants partout ! Ils ont tous pu prononcer la formule magique et plus aucune arme n’était visible dans tous les pays de la terre !

Ça, c’est un plan du tonnerre !

3 commentaires

Lila - le 12/02/12 à 13h47

sa va , mais je préfère " devoir d'un soir "

4rme1 - le 11/02/12 à 14h19

en meme temps c'est plus long de lire sur un ordinateur ^^

nono - le 18/12/11 à 08h35

j'ai tout lue j'ai prix presque 20 min pour le lire