Fabrique ton histoire

Le four à double fonction

8 février 2012 par diomedea

Dans la forêt d’Hiver, par un froid de canard, un écureuil crie de joie :
– Youpppeee ! Un four. Je vais enfin pouvoir réchauffer mes noisettes congelées.

Avec toute cette neige, les pattes de ce petit animal sont frigorifiées de devoir tant creuser. Aussi, il est tout heureux de constater la simplicité du fonctionnement de ce four.

– Ooh ! Quelle chance j’ai ! Un four intelligent qui s’ouvre automatiquement à mon approche et qui détecte quel aliment je lui mets dedans.

Zzzzzz, le four émet un petit ronflement. La seule lumière du soleil est nécessaire à son bon service. C’est une vraie merveille.

Tiiiit, tiiit, tiit. Le bip annonce la fin de la cuisson. Notre petit animal est impatient. Et gourmand.
Il a faim. Cela fait dix jours qu’il n’a plus rien mangé !

– AAAaah ! Mais qu’est-ce que c’est que CA ?! hurle-t-il en voyant sa noisette transparente comme un glaçon. Ce n’est pas possible ! Je ne peux pas manger ce truc, c’est pire qu’avant dit-il en frappant un doigt sur sa noisette complètement glacée.

Quand notre ami réfléchit, d’une main, il prend sa queue en panache et de l’autre il arrache un poil. Il dit que cela lui permet de ne pas s’égarer dans son idée…
Lorsque sa belle queue est aussi dégarnie que celle d’un chat sphinx (un chat sans poils), un pic vert s’approche de lui et rit :
– Eh mon ami ! Tu as des soucis ?

L’écureuil sort de sa torpeur et sert ce qui lui reste de queue tout contre son coeur :
– Je vais mourir de faim, hoquette-t-il. Mes dents sont fragiles et je ne sais plus croquer des noisettes congelées. Et ce… ce foutu truc… c’est que du brol ! lui répond-il en désignant le four à refroidissement.

Le pic vert qui a beaucoup d’idées dans sa tête, penche celle-ci sur le côté et lui dit :
– Si le four qui doit chauffer ne chauffe pas comme il faut, as-tu déjà essayé de chauffer le four pour qu’il chauffe peut-être enfin ?

L’écureuil ne comprend pas bien. Alors, pour l’aider, l’oiseau rentre dans son trou, cherche quelque chose et en ressort aussitôt avec un long morceau de laine. Puis, il vient se poser près du four et enroule l’écharpe autour de la machine.

– Si le four a froid, comment veux-tu qu’il te réchauffe ton plat ?

Pour joindre son geste à la parole, le pic vert recrache un morceau d’écorce et l’approche de l’engin. Celui-ci, comme la dernière fois, détecte le geste et ouvre sa porte.
Une seconde plus tard, son ronflement se met en route.

Zzzzzz…

Dix secondes s’égrainent.

Tiiiiit tiiit tiit. La porte s’ouvre à nouveau et un délicieux fumet d’écorce grillée flotte dans l’air.

– Huuumm, ça sent trop bon ! salive le petit rongeur. Dis-moi, miam, comment je pourrais, miam, te remercier ? lui demande-t-il la bouche pleine.

– C’est tout simple. Si dans tes provisions, tu trouves des locataires indésirables comme un ver, une fourmi ou autre insecte succulent, garde-le moi bien au chaud, je me ferai un plaisir de le déguster. Cuit, c’est encore meilleur.

C’est ainsi que l’écureuil apprit à se servir de ce four exceptionnel et qu’il devint un très bon ami du pic vert.

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